Comment faire une prise de référence ?

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Comment faire une prise de référence ?
Date
February 12, 2026
Catégorie
Stratégies RH
Auteur
Justine Vard
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La prise de référence est souvent traitée comme une formalité de fin de process. Un appel rapide, quelques questions, et on passe à la suite.

Le problème, c’est qu’utilisée comme ça, elle ne sert à rien.

En 2026, alors que chaque recrutement engage du temps, de l’argent et de la crédibilité interne, la prise de référence peut être un vrai outil d’aide à la décision, à condition d’être bien utilisée.

Dans cet article, on vous explique comment en faire un levier utile, concret, et réellement sécurisant.

1. Comprendre la prise de référence

Qu'est-ce que la prise de référence ?

La prise de référence, c’est le fait de contacter une ou plusieurs personnes ayant travaillé avec un candidat (ancien employeur, N+1, parfois client interne) pour recueillir un retour concret sur sa manière de travailler.

On ne cherche pas à vérifier un CV, on cherche à comprendre comment la personne fonctionne réellement en situation professionnelle.

Comment elle travaille au quotidien, comment elle communique, comment elle gère la pression, les priorités, les conflits, ce qu’elle fait bien et là où elle peut rencontrer des limites.

Une bonne prise de référence ne consiste pas à poser des questions génériques du type « Vous confirmez qu’il était performant ? ».

La prise de référence est avant tout un outil d’aide à la décision, au même titre qu’un entretien structuré ou une scorecard. Elle permet de compléter ce que le candidat a raconté, ce que le recruteur a perçu, et ce que le CV ne dira jamais.

Bien faite, au bon moment, avec le bon cadre, la prise de référence apporte un éclairage factuel, utile aussi bien pour l’employeur que pour le candidat.

Et contrairement à une idée encore très répandue, ce n’est ni un interrogatoire, ni un piège. C’est une discussion professionnelle, structurée, qui vise un objectif simple : sécuriser un recrutement.

Pourquoi est-elle importante dans le recrutement ?

Un recrutement ne se joue jamais uniquement sur un CV ou un bon entretien.

Un entretien, même bien mené, reste un moment particulier. Le candidat se prépare, se présente sous son meilleur jour, et le recruteur n’observe qu’un extrait de la réalité.

La prise de référence permet d’élargir le cadre.

Elle apporte un regard extérieur, basé sur du vécu, sur des situations concrètes. Pas sur une impression, mais sur des faits : comment la personne travaille vraiment, comment elle interagit avec les autres, comment elle réagit quand les choses se compliquent.

Dans un contexte où les recrutements sont de plus en plus stratégiques, se tromper coûte cher.

La prise de référence permet justement de réduire cette part de risque en vérifiant l’alignement entre le poste, l’environnement, le mode de management, et la façon de fonctionner du candidat.

Elle aide aussi à objectiver la décision. Quand plusieurs profils sont “bons”, elle permet de sortir du ressenti pur et d’appuyer un choix avec des éléments concrets, assumables, partageables en interne.

La prise de référence ne remplace ni l’entretien, ni le jugement humain. Elle les complète.

2. Avantages pour les employeurs et candidats

Bénéfices pour les employeurs

Côté employeur, la prise de référence est souvent vue comme une étape en plus. En réalité, c’est surtout une étape qui évite beaucoup de problèmes après.

  • Sécuriser le recrutement : La prise de référence permet de réduire le risque d’erreur en vérifiant l’adéquation entre le candidat, le poste, l’équipe et le mode de management. On recrute avec plus de visibilité, pas à l’aveugle.
  • Confirmer ce qui a été perçu en entretien : Elle aide à valider, ou nuancer, les impressions issues des entretiens, en s’appuyant sur des situations vécues et des faits concrets, pas uniquement sur le discours du candidat.
  • Objectiver la décision finale : Quand plusieurs profils sont solides, la prise de référence apporte des éléments factuels pour trancher, avec moins de subjectivité et plus de sérénité.
  • Anticiper l’intégration du futur collaborateur : Les retours obtenus permettent d’identifier les leviers de réussite dès l’arrivée : style de management attendu, niveau d’autonomie, points de vigilance à accompagner.
  • Gagner en confort dans la prise de décision : Pour les DRH, managers ou dirigeants, disposer de références structurées facilite la justification du choix en interne et limite les remises en question après l’embauche.
  • Réduire les coûts liés aux erreurs de casting : Un recrutement mieux sécurisé, c’est moins de turnover, moins de temps perdu, et un impact direct sur la performance des équipes.

Pour l'entreprise, la prise de référence est un outil simple mais puissant pour recruter de façon plus posée, plus cohérente et plus durable.

Bénéfices pour les candidats

La prise de référence est souvent perçue comme une étape stressante côté candidat. En réalité, bien menée, elle peut être très favorable.

  • Être évalué sur la réalité du travail, pas uniquement sur un entretien : Un entretien ne reflète pas toujours ce que vous faites bien au quotidien. La prise de référence permet de valoriser des compétences, des postures et des comportements qui ne se voient pas forcément en une heure d’échange.
  • Mettre en avant des points forts parfois sous-estimés : Organisation, fiabilité, relationnel, capacité à faire avancer les sujets, autant d’éléments que d’anciens managers savent souvent très bien exprimer, parfois mieux que le candidat lui-même.
  • Éviter un mauvais match : Les références permettent aussi de vérifier que le poste, l’environnement et le style de management sont cohérents avec votre façon de travailler. Mieux vaut s’en rendre compte avant l’embauche que quelques mois plus tard.
  • Instaurer une relation plus transparente dès le départ : Une prise de référence cadrée et annoncée montre que le recrutement est sérieux, structuré et assumé. Ça crée un climat de confiance, plutôt qu’un sentiment de flou ou de décision arbitraire.
  • Être considéré comme un professionnel, pas comme un CV : La prise de référence reconnaît le parcours dans sa globalité, sur la durée, et pas uniquement sur ce que vous savez raconter ou non en entretien.

Quand elle est faite dans un bon cadre, avec respect et clarté, la prise de référence n’est pas un risque pour le candidat. C’est souvent un levier pour sécuriser une décision qui va dans son sens.

3. Processus de prise de référence

Comment collecter efficacement des références professionnelles ?

Une prise de référence utile ne dépend pas du nombre d’appels passés, mais de ce que vous cherchez réellement à valider. Avant même de décrocher le téléphone, il faut être clair sur un point : qu’est-ce qui ferait échouer ce recrutement si on se trompe ?

C’est à partir de là que la prise de référence devient pertinente.

  • Définir 2 à 3 hypothèses à vérifier, pas plus

Une bonne prise de référence ne cherche pas à tout couvrir. Elle sert à confirmer ou infirmer des points précis : capacité à tenir un rythme élevé, posture managériale réelle, autonomie vs besoin de cadre, résistance à la pression ou au changement. Sans hypothèse claire, la discussion reste superficielle.

  • Revenir sur des situations précises, pas des qualités abstraites

Plutôt que demander si le candidat est “bon” ou “fiable”, il faut interroger des moments clés : un projet qui s’est mal passé, une période de surcharge, une prise de décision difficile, un désaccord avec un manager ou un client interne.

C’est dans ces situations que les vrais comportements apparaissent.

  • Questionner l’évolution, pas seulement la performance

Un bon indicateur n’est pas ce que le candidat savait faire au départ, mais comment il a évolué : qu’a-t-il appris, sur quoi il a progressé, ce qui lui demandait plus d’accompagnement au début. Ça donne une lecture beaucoup plus juste de son potentiel réel.

  • Faire parler les silences et les hésitations

Les informations les plus intéressantes ne sont pas toujours dans les réponses directes. Un temps de réflexion, une phrase nuancée, un “ça dépend” sont souvent plus révélateurs qu’un discours trop lisse. Une prise de référence efficace demande d’écouter comment c’est dit, pas seulement ce qui est dit.

  • Toujours demander dans quel contexte le candidat performait le mieux

Équipe structurée ou environnement flou, management présent ou très autonome, objectifs clairs ou mouvants. Ce point est clé pour éviter les erreurs de casting liées au contexte, pas au niveau du candidat.

  • Mettre en perspective, jamais interpréter seul

Une prise de référence n’est jamais une vérité absolue. Elle prend tout son sens quand elle est croisée avec les entretiens, le parcours et le contexte du poste. Ce sont les récurrences qui comptent, pas les avis isolés.

Une prise de référence bien menée ne sert pas à valider un profil. Elle sert à prendre une décision éclairée, en sachant pourquoi ça peut marcher et dans quelles conditions.

Erreurs à éviter lors de la prise de référence

La prise de référence peut être un vrai levier ou une étape totalement inutile. Dans la plupart des cas, ce n’est pas l’outil le problème, mais la façon dont il est utilisé. Voici les erreurs que l’on voit encore très souvent :

  • La faire pour se rassurer, pas pour décider

Appeler une référence quand la décision est déjà prise n’apporte rien. On écoute, on acquiesce, et on retient uniquement ce qui confirme son choix. À ce stade, la prise de référence devient un simple rituel, pas un outil d’aide à la décision.

  • Poser des questions trop générales

« Il était performant ? », « Vous le recommandez ? »  Ce type de questions entraîne des réponses lisses, sans relief. Elles ne permettent ni de comprendre les comportements réels, ni d’anticiper les zones de risque.

  • Chercher le candidat parfait

Une prise de référence n’a pas vocation à dresser un portrait idéalisé. Tous les profils ont des points forts et des limites. Chercher à éliminer tout ce qui n’est pas parfaitement positif conduit souvent à de mauvaises décisions ou à passer à côté de bons candidats.

  • Surinterpréter un avis isolé

Une référence, aussi crédible soit-elle, reste un point de vue. Tirer une conclusion définitive à partir d’un seul retour est une erreur fréquente. Ce sont les éléments qui se recoupent qui doivent guider la décision, pas une phrase sortie de son contexte.

  • Oublier le contexte dans lequel le candidat a évolué

Un comportement n’a pas la même lecture selon l’environnement : pression forte, manque de moyens, changement d’organisation, management instable. Sans ce contexte, les retours peuvent être mal interprétés.

  • Transformer la prise de référence en enquête à charge

Chercher “ce qui ne va pas”, pousser la référence à critiquer ou à juger est contre-productif. Une bonne prise de référence cherche à comprendre, pas à condamner.

  • Ne pas exploiter ce qui a été appris

Recueillir des informations sans les utiliser pour ajuster l’intégration, le management ou les attentes est une occasion manquée. Une prise de référence utile doit servir après l’embauche, pas seulement avant.

En résumé, la plus grosse erreur consiste à traiter la prise de référence comme une formalité. Bien utilisée, elle éclaire une décision. Mal utilisée, elle rassure à tort.

La prise de référence ne remplace ni l’entretien, ni le jugement humain. Elle permet simplement de décider avec plus de recul.

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